Un odieux asticot, gros comme un grain de riz,
Plutôt qu’un livarot avait choisi mes fruits ;
Pour se faire ma poire il ouvrait grand la bouche
En nourrissant l’espoir d’être changé en mouche…
Après s’être bâfré sans laisser de pelures,
Ce cynique invité s’est payé ma
figure ;
En place d’un merci qui m’aurait rendu gloire,
Il a trouvé au fruit un certain goût de poire…
Il n’avait pas aimé ce plaisir pour la soif
Que mon garde-manger recelait sous sa coiffe,
Pourtant, pour ventiler sa panse trop garnie,
Il avait éructé sans contenir l’envie…
Choqué de son toupet, je l’ai jeté dehors,
- Je sais être fair-play mais quand c’est trop : je mords -,
Dépassé par mes nerfs un vif courroux m’a pris :
L’infâme embryonnaire a repassé mon huis…
Il ne reviendra plus dans la jolie corbeille
Que j’ai muni, dessus, d’un voile en nid d’abeilles
Et, pour offrir, enfin, la paix à mes « Williams »,
J’ai confié leur écrin aux bons soins d’une alarme.
Cet incident majeur m’a servi de leçon,
Avant d’ouvrir mon cœur j’émets des conditions :
Si un asticot veut qu’un de mes fruits l’engraisse