Dimanche 7 février 2010
7
07
/02
/Fév
/2010
08:45
Le vieux chêne…
Le chêne séculaire à l’écorce noueuse
Qui nous offrait, jadis, son ombre généreuse
Et cachait en sa chair nos cœurs entrelacés,
Est tombé ce matin : un vent fort l’a couché.
Il a tissé le temps à nous regarder vivre,
Il était le témoin de nos jeunesses ivres,
Il savait tout sur nous, le présent, le passé,
Effeuillé à jamais, son livre est refermé.
Je me souviens encor du jour où j’avais dit
Que notre amour précoce était plus fort que lui,
Je n’aurais pas pensé qu’un caprice de vent
Puisse rompre le cou de cet arbre géant.
Dans un boucan d’enfer, sans le souci du deuil,
Des croquants sont venus saucissonner l’aïeul ;
La ligneuse matière ornée de nos prénoms
Finira, cet hiver, en fumées de saison.
Éole et Jupiter soufflent sur nos histoires,
Ils bousculent le temps, font chavirer l’espoir,
Ils détruisent, amers, les êtres les plus forts,
Prenons garde, nous deux, ils souffleront encore !
Lorsque le temps aura calmé les éléments,
Que le lit du défunt sera laissé béant,
Je viendrai, pour nous deux, prier un long moment
Et, animé d'un vœu, je planterai un gland…
KERFON LE CELTE
Savez-vous que mon livre dort...?
Enfin, mon livre d'Or...!