Vendredi 15 janvier 2010
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08:00
Que celui qui n’a jamais
marché dedans
s’écrase… !
Fraîche de ce matin, rue des Petits Souliers,
Une crotte de chien voulait prendre son pied.
Elle guettait au vent, du haut de son pavé,
L’arrivée d’un passant aux panards évasés…
Il passa tout près d’elle une paire de «croco »
De la sorte de celle offerte à un vieux
beau ;
Le cuir rasa l’étron mais pas suffisamment
Pour lui donner, c’est con, le moindre mouvement.
Quelques instants plus tard, de fins talons-aiguille
Frôlèrent l’étendard lové comme l’anguille ;
Les piquants en question passèrent leur chemin
Ignorant l’intention du routard clandestin.
Un jeune adolescent, équipé d’Adidas,
Allait en sautillant vers sa rentrée des classes ;
Marchant le nez en l’air, les deux mains dans les fouilles
Il eut, en parlant clair, le cul bordé de nouilles.
Le suivant à passer, à allure très sage
Ne pouvait emporter la chose en ses bagages ;
Ne faisant que passer ce convoi des ténèbres
N’étaient pas des souliers mes des pompes funèbres.
C’est un pauvre clampin s’en allant au boulot,
Qui, sous ses mocassins, emporta le gros lot ;
On s’en moqua beaucoup – je dirais même trop -,
Des rires à trois sous venus du caniveau.
Imaginez un peu que notre sombre héros
Au pied gauche merdeux ait gagné au loto !
Pensez-vous que ces gens qui pouffaient du spectacle
Se gausseraient autant d’avoir manqué l’obstacle… ?
KERFON LE CELTE