Mercredi 17 novembre 2010
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Oh ! Vous me
rasez…
Quand les talons claquent, l’esprit se vide.
(Lyautey)
« Vous vous êtes rasé avec une
biscotte ? »
Me lance l’officier en montrant ses
quenottes,
« Vous me ferez cinq jours au pain sec et à
l’eau,
Garde-à-vous ! Demi-tour ! Direction le
cachot… ! »
J'avais peu apprécié, lorsque j’étais troufion,
La façon d’aboyer de ce porte-galons ;
Du matin jusqu’au soir, de ses cordes vocales,
Il cultivait l’espoir de finir Général.
Il était né ainsi, recevant par le sang
Cet avantage acquis d'un mal fort dominant ;
A cinquante ans passés, dans cette espèce là,
La langue est plus usée que ne le sont les bras…
Bref ! J’ai donc accompli mes cinq jours de mitard
(Je spécifie ici qu’ils étaient sans rasoir),
Lorsque je suis sorti j’étais semi barbu
Mais je me suis promis qu’on ne m’y prendrait plus…
Aujourd’hui, c’est fini : y’a plus de p’tits soldats,
Seuls des béni-oui-oui marchent encor au pas,
Même les colonels se sont standardisés :
Pour courir les djebels ils ne sont plus pressés…
C’est mon seul fait de guerre en une année d'armée,
Quand tout va de travers, je revois l’officier ;
Je me dis qu’aujourd’hui ce petit tortionnaire
Aurait bien du souci à refaire carrière…
KERFON LE CELTE
Si toutes les médailles étaient gagnées au combat,
il y aurait beaucoup moins de monde dans les cocktails...
klc