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KERFON LE CELTE...

KERFON LE CELTE...

Un homme à fables qui a plus d'un tour de conteur....

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Ray-ban et Rolex...!

KERFON LE CELTE — Poésie

Ray-ban et Rolex… !
(Slam hanté sur son sort...)

 

J’ai cinquante balais sans compter les poussières,

J’travaille dans un palais, j’use des serpillières,

J’ai deux enfants mineurs et deux à l’ASSEDIC,

Je fuis tous mes prêteurs qui réclament leur fric…

J’habite une HLM, un coin déshérité,

Kerfon, dans ce poème, a raison d’en parler,

Ce n’est pas la misère, ce n’est pas l’paradis,

Dieu ferme ses paupières face aux gens mal lotis…

 

Je n’ai pas de Ray-ban,

 Je n’ai pas de Rolex…

Quand il n’est pas en panne,

 Je circule en Solex…

 

 

Voici plusieurs années que je fais pénitence,

Qu’à l’ombre du quartier je passe mes vacances,

Je me souviens pourtant d’un joli bord de mer,

Cela fait bien longtemps, le souvenir se perd…

Chaque vendredi 13, je joue six numéros,

Selon Marie-Thérèse : c’est mieux que les chevaux,

Si la chance sourit, que me tombe une manne,

Je me le suis promis : je me paie la Logan…

 

Je n’ai pas de Ray-ban,

 Je n’ai pas de Rolex…

Quand il n’est pas en panne,

 Je circule en Solex…

 

J’ai cinquante balais sans compter les poussières,

J’travaille dans un palais, j’use des serpillières,

J’ai deux enfants mineurs et deux à l’ASSEDIC,

Je fuis tous mes prêteurs qui réclament leur fric…

Je n’ai pas de regrets, je me dis c’est ainsi,

Mais loin de moi l’effet d’avoir raté ma vie ;

Le matin, me rasant, tout seul, devant la glace,

Sans peur du jugement je me regarde en face…

 

Je n’ai pas de Ray-ban,

 Je n’ai pas de Rolex…

Quand il n’est pas en panne,

 Je circule en Solex…

 


KERFON LE CELTE

Cliquez sur les Ray-ban et jugez l'effet...

 





 

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sonja 11/06/2009 09:24

Rouler ray ban est le panache de quelques uns. Sans doute veulent-ils à l'envie s'offrir aux regards. Se sentent-ils puissant et hors d'atteinte de tous les maux ?Que d'illusions...Et tu m'as fais sourire par tes mots.J'aime absolument ta manière de décrire toutes les situations...Bravo !

KERFON LE CELTE 11/06/2009 09:47



Derrière des lunettes sombres, l'homme cache toujours quelque chose de pas forcément honnête...!

KLC



Bigornette 07/04/2009 10:07

Tu as raison de suivre l'avis du maître.... il est joli ce poème... je m'aperçois que je n'ai pas du tout la culture du poème... hihi... mauvaise élève je suis... Bisous...

KERFON LE CELTE 07/04/2009 10:13



Le secret c'est le temps
si on considère que la culture du poème s'acquiert sillon par sillon...!

KLC 



Jeanne 07/04/2009 09:50

super le lien, ils sont ont anges ! Depuis que je suis à la retraite, j'ai décidé de ne plus avoir de montre du tout. Super, ce poème ! mais attention, les "vieux" solex sont des pièces de collection ...Je connais ton blog pour y passer de temps à autre. Aujourd'hui, c'est par un détour chez Bigornette.

KERFON LE CELTE 07/04/2009 09:57



Merci Jeanne pour cette charmante visite.

Chez moi, comme chez Bigornette, les mots sont rois...

Personnellement, je les tortille comme du fil de fer avant de vous les livrer tout tordus...

A bientôt, je l'espère...

KLC



Quichottine :0010: 05/04/2009 23:46

Surtout que chaque fois tu nous envoies ailleurs... Moi, j'ai dû rater ma vie aussi, je n'ai pas de rolex, mais pas de solex non plus.Passe une bonne soirée.

KERFON LE CELTE 06/04/2009 08:01



Merci Quichottine...

Point de souci, je n'ai pas de Rolex non plus...

Pour contrarier le sort, je change de montre (bas de gamme) souvent....

KLC



Bigornette 04/04/2009 19:32

C'est cool... j'aime bien ta façon de faire chanter les mots... en reprenant des refrains... bravo... Bisous... bonne soirée...

KERFON LE CELTE 04/04/2009 20:00



Paul Verlaine — Jadis et
naguère


Art poétique


Art poétique (Verlaine)



De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l’Impair
Plus vague et plus soluble dans l’air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

Il faut aussi que tu n’ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise :
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l’Indécis au Précis se joint.

C’est des beaux yeux derrière des voiles,
C’est le grand jour tremblant de midi,
C’est, par un ciel d’automne attiédi,
Le bleu fouillis des claires étoiles !

Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la Couleur, rien que la nuance !
Oh ! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor !

Fuis du plus loin la Pointe assassine,
L’Esprit cruel et le Rire impur,
Qui font pleurer les yeux de l’Azur,
Et tout cet ail de basse cuisine !

Prends l’éloquence et tords-lui son cou !
Tu feras bien, en train d’énergie,
De rendre un peu la Rime assagie.
Si l’on n’y veille, elle ira jusqu’où ?

Ô qui dira les torts de la Rime ?
Quel enfant sourd ou quel nègre fou
Nous a forgé ce bijou d’un sou
Qui sonne creux et faux sous la lime ?

De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu’on sent qui fuit d’une âme en allée
Vers d’autres cieux à d’autres amours.

Que ton vers soit la bonne aventure
Éparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym…
Et tout le reste est littérature.


Paul Verlaine.