Dimanche 24 octobre 2010
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08:30
Pas à pas, mais pas
perdus
pour tout le
monde…
Ctrl + clic = musique...
Mon ami cordonnier, derrière son comptoir,
Regarde tous ces pieds qui foulent son trottoir ;
Il se dit : « Après tout, à force de
passer,
Ces groles à cent sous finiront pas
s’user ! »
Quelques étudiants dansent et semblent s’amuser,
Leurs pompes sont en transe, un tantinet lassées,
Un bon ressemelage eût pu être leur quête,
Mais il n’est pas d’usage au profit des baskets.
Des flots d’ouvriers vont, la démarche assurée,
Leurs souliers sont béton, je veux dire crottés,
Un soin ciré-brossé serait le bienvenu
Mais les durs des chantiers n’œuvrent jamais pieds nus…
Des bureaucrates passent, armés de deux pieds beaux ;
Leurs vernis, peu loquaces, ont la phobie de l’eau ;
Il n’y a pas de doute, ces souliers sont en or,
Un produit anti-gouttes offrirait du
confort.
Des minettes agiles, arpentent le pavé
Et leurs talons aiguilles assurent un trot cambré,
Grâce au sol escarpé, aujourd’hui ou demain,
Il faudra réparer les maux des escarpins…
J’en passe et des meilleurs, richelieus ou montants,
Enfin, que du bonheur aux yeux de l’artisan,
J’ajoute qu’aujourd’hui tous ces pas sont perdus :
Ensemble, tous ensemble ils occupent la rue.
Oh ! Mais de quoi se mêle alors le cordonnier
Quand je sais, juste ciel, qu’il est plein de sous liés ?
C’est vrai, les pieds meurtris demain seront clients :
Pour l’instant, devant l’huis (*), ils
vont, manifestant.
(*) = Quelle idée aussi de tenir une échope en face d'une Préfecture...
A mon grand ami Serge,
un homme droit, d’une droiture
qui me botte….
KERFON LE CELTE